
« Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être
consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale. »
Article 10 de la loi du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République.
Les pages que vous avez devant les yeux sont rédigées par des femmes et des hommes de Châtillon-sur-Loire soucieux de
faire vivre la démocratie locale. Les articles que vous allez lire sont le résultat de leur réflexion collective. C’est pourquoi ils ne comportent pas de
signatures individuelles.
Il s’agit de l’expression de citoyens qui ne veulent pas laisser passer les prochaines échéances électorales sans qu’un vrai débat ait lieu
sur l’avenir de Châtillon.
Aux dernières municipales de mars 2001, l’équipe sortante n’a pas cru devoir rendre compte de son mandat. Est-ce
normal ?... Les mêmes qui sollicitaient nos suffrages n’ont même pas daigné organiser une seule réunion publique pour présenter leurs projets. Est-ce normal ?Manque de
courage ? Cynisme éhonté ? Absence de projet ? Peu importe : c’est en tous cas inacceptable, et cela témoigne du mépris dans lequel on tient les Châtillonnais.
Car, à l’échelle d’une commune comme Châtillon, il y a deux manières de concevoir l’exercice de la démocratie.
À la façon des notables d’autrefois : quand les citoyens ont élu
leurs représentants, ils n’ont plus rien d’autre à faire que de laisser aux conseillers et au maire le soin de penser à leur place et de gouverner pendant 6 ans en attendant les élections
suivantes. L’exercice de la citoyenneté se réduit au droit de vote. à Châtillon, c’est même une forme très particulière de
démocratie que pratique le maire : celle où les citoyens ont le droit d’être d’accord avec lui, faute de quoi ils sont considérés comme des ennemis.
Une autre façon, plus moderne, consiste à encourager l’intervention des citoyens dans la politique locale au
quotidien. La démocratie vit alors pleinement par la confrontation des points de vue, le libre débat, l’échange d’arguments contradictoires dans l’espace public, où le contradicteur
n’est pas un ennemi mais un partenaire indispensable à la discussion pour poser correctement les problèmes et essayer de les résoudre intelligemment. C’est la démocratie
continue. C’est la citoyenneté active. Cela change tout.
Quand les habitants d’une ville ne sont plus des sujets passifs, les élus sont contraints de faire circuler l’information,
d’agir dans une plus grande transparence et de rendre des comptes de leur gestion. Force est de constater qu’à Châtillon, la pratique municipale est encore
très loin de cela !
Quand les habitants d’une ville sont des citoyens actifs, les élus doivent entendre les questions qu’on
leur pose et prendre en compte les propositions qu’on leur fait. Le maire ne peut plus se permettre de dire qu’il ne répond jamais aux courriers qu’il reçoit !
Concrètement, le gouvernement de la commune passe alors par l’information qui est la condition première
de la participation des habitants, la prise de parole des citoyens sur les affaires de la commune, l’écoute qui est le respect minimal dû aux
électeurs, la consultation et la concertation qui associent la population à la prise de décision.
Oui, vraiment, cela change tout car il ne s’agit plus alors de « faire pour » les habitants, mais de
« faire avec » eux.
Forum citoyen